• Association l’Entorse
    par Julien Carrel

    Julien Carrel, président de l'association l'Entorse explique le processus à l'origine de la collaboration avec AZC dans le cadre de la proposition Water Invaders.

    Water Invaders à la piscine Roger Salengro.

    Avec Hermann Lugan, nous avons cofondé l’association l’Entorse en 2006 à Lille, avec l’objectif de construire des passerelles entre monde de l’art et monde du sport, deux domaines dont les usages et les publics sont encore trop souvent cloisonnés. À travers son festival biennal, l’Entorse réunit près de 30 000 personnes dans une quarantaine de communes partenaires en métropole lilloise et en région Nord-Pas-de-Calais, autour d’expositions, de spectacles et de projets participatifs consacrés aux sports et à leurs imaginaires.

    AZC nous a proposé Water Invaders fin 2012 dans le cadre de notre appel à projets, pour l’édition 2014 de notre festival.

    La proposition s’accompagnait de plusieurs scénarios d’implantation possibles, dans des espaces naturels aquatiques de la métropole lilloise ou dans la piscine Salengro de Bruay-la- Buissière, l’une des plus belles piscines découvertes Art déco encore en activité en France. Ces différents scénarios s’inscrivaient avec cohérence et dans une certaine pertinence vis-à-vis des stratégies des collectivités locales pour la valorisation patrimoniale ou de loisir de ce type d’espaces aquatiques.

    La pièce Water Invaders nous séduit car, à l’instar du projet de l’Entorse, consistant à rassembler publics sportifs et artistiques, elle réunit des qualités et des fonctions apparemment contradictoires, ou tout du moins disjointes : l’efficacité visuelle et l’usage ludico-sportif, la monumentalité et la simplicité, la familiarité des références– les Space Invaders, le trampoline – et l’originalité de leur traitement.

    Cette pièce nous rappelle combien les espaces aquatiques naturels ou les piscines sont des terrains de jeu féconds et inspirants en matière d’esthétique relationnelle et participative pour le design, les arts plastiques et l’architecture d’aujourd’hui.

    Parmi bien d’autres, on peut songer aux variations sur voiles d’Optimist par Daniel Buren et Pauline Fondevila, la performance de construction et de navigation d’un bateau en papier géant par Franck Bölter ou l’installation Les Thermes du collectif l’Amicale de Production. Peut-être est-ce parce que les jeux et les sports aquatiques sont, dès l’enfance, des expériences de vie particulièrement joyeuses et intenses, produisant des images et des émotions puissantes?

    Mobilisant à la fois la nostalgie d’un jeu vidéo mythique et la joie enfantine de rebondir sur un trampoline pour se jeter à l’eau, Water Invaders est une sorte de madeleine de Proust en maillot de bain.

    Nous gardons comme perspective de rassembler bientôt à Lille et dans sa région les partenaires prêts à se jeter à l‘eau, pour réunir les conditions de la production et de la mise en œuvre de cette installation.

  • La créativité technique
    par Anton Miserachs et Pilar Navarro

    TP Architectura i Construccio Tèxtil est une entreprise qui explore depuis une trentaine d'année les possibilités techniques des architectures gonflables et textiles. Entreprises à l'origine de la fabrication des projets gonflables AZC, ils nous racontent leurs évolutions et leurs refus des projets standardisés au profit d'une "créativité technique".

    prototype de pont gonflable - module de base

    TP Arquitectura i Construcció Tèxtil est une entreprise familiale spécialisée dans le domaine des constructions textiles fondée il y a trente ans en Catalogne par Anton Miserachs et Pilar Navarro. Notre souhait a toujours été d’offrir un service sur mesure.

    Nous sommes sans cesse à la recherche de nouveaux matériaux et de techniques innovantes. Ainsi, nous pouvons respecter les dessins des architectes et des designers tout en leur proposant des améliorations techniques. Depuis le début, nous sommes en relation avec le professeur Ramon Sastre, docteur en architecture, et l’Université polytechnique de Catalogne. Nous avons ainsi profité du premier logiciel de calcul des surfaces tendues et pneumatiques WinTess, créé par Ramon Sastre. Au fil des améliorations, il nous a impliqués dans toutes les étapes de développement du logiciel. D’un processus totalement manuel, WinTess est devenu un véritable outil de conception et de construction (CAD/CAM) au service de notre savoir-faire. Grâce à l’expérience, aux améliorations techniques et à un personnel de plus en plus qualifié, nous avons pu diversifier notre activité.

    Rejoints par certains de nos enfants, nous avons développé, depuis 2009, une série de solutions destinées aux énergies renouvelables et plus précisément au secteur du biogaz sous la marque Upbiogas. Une fois de plus, nous avons su innover et, en collaboration avec l’Université polytechnique et Ramon Sastre, nous avons créé le premier logiciel de calcul au monde permettant la conception de toitures pour digesteurs de biogaz. Nous avons pu réduire les risques en rationnalisant le calcul et le dimensionnement de tous les éléments pour le développement des toitures double ou simple membrane pour digesteurs.

    Nous avons développé un logiciel complet indiquant les efforts, les ancrages, les mètres cubes stockables, la pression des gaz et réalisant même le patronage selon la géométrie des toitures. Au cours de notre développement, nos recherches se sont particulièrement portées sur le contrôle de la consommation des équipements de pression.

    Nous avons éliminé toutes les coutures au profit de la soudure haute fréquence, souvent double. Un système de test en cours de fabrication nous permet de vérifier la résistance et l’étanchéité avant l’installation des toitures. Ce procédé nous permet de renforcer la résistance et la pérennité des soudures, mais surtout de contrôler la pression interne, puisqu’il n’y a plus de fuites dues aux trous de la couture. On réalise donc des structures pneumatiques pratiquement étanches, avec contrôle de la pression ; les suppresseurs fonctionnent seulement lorsque cela est nécessaire. Ainsi, le volume d’air intérieur n’est pas affecté par les charges et tensions extérieures, ce qui est essentiel pour la résistance aux vents ou à la neige. Le contrôle de tous les paramètres nous permet de définir avec précision les coefficients et les limites de résistance et d’établir un protocole de sécurité. Nous travaillons avec des tissus 100 % recyclables, même en fin de vie. Depuis la mise en place du system Texyloop, même les pièces les plus petites sont intégrées dans la chaîne recyclage. Ce qui nous pousse, chez TP Arquitectura i Construcció Tèxtil, c’est la création d’installations uniques, durables et sûres, fruits d’une longue expérience.

    Bouncing Bridge

    Nous avons découvert un jour grâce aux réseaux sociaux des images du Bouncing Bridge. Le projet d’AZC nous a tellement impressionnés que nous avons tout naturellement cherché les auteurs pour les féliciter et pour leur proposer notre collaboration. Ce n’est pas courant que des personnes étrangères au domaine des constructions textiles conçoivent un projet si singulier par sa forme et déjà pratiquement réalisable en l’état ! La réponse d’AZC a été immédiate, et nous avons rapidement réalisé la première maquette 1:10 pour pouvoir expérimenter les réactions de la structure gonflable et de la maille du trampoline. Une seconde maquette à l’échelle 1:3, réalisée grâce à des modifications du logiciel de calcul et de patronage WinTess, a confirmé la viabilité technique du projet. Depuis la première image que nous avions vue du Bouncing Bridge, nous avions la certitude que le projet était réalisable. Il restait beaucoup de travail et beaucoup de problèmes techniques à résoudre, mais le dessin était cohérent avec les matériaux à mettre en oeuvre, c’était le plus important. Grâce à cette aventure, nous avons rencontré des architectes avec qui, par leur expérience et leur professionnalisme, nous partageons la même façon de vivre et de ressentir les projets. Ils laissent s’exprimer l’enfant qui est en eux. C’est très émouvant, et cela leur permet d’écouter leurs rêves les plus fous, comme construire un pont sur lequel on peut rebondir. Un pont trampoline ? Pourquoi pas !

    Peace Pavilion

    Le Peace Pavilion a bénéficié des essais du Bouncing Bridge. Nous connaissions déjà les compétences de chaque participant au projet. Ainsi, un vrai dialogue a pu s’établir : les dessins étaient mis au point en même temps que l’équipe technique modifiait et vérifiait le design. Cette fois, nous savions que nous ne pourrions pas réaliser d’essais. L’usage du logiciel de calcul et de patronage WinTess a été très utile pour concevoir le projet. Sur la base de l’expérience du Bouncing Bridge, Ramon Sastre a développé les possibilités du logiciel en fonction des besoins. Malgré son apparente simplicité, le Peace Pavilion demandait une grande rigueur, car la beauté de sa forme réside dans la variation infinie des points de vue. On ne sait si on a réussi une structure gonflable qu’une fois celle-ci gonflée. Pendant le processus, on ne voit qu’un amas de toile. Une fois le design défini, nous devons être très minutieux dans l’ordre et toutes les étapes du processus de fabrication. La toiture du Peace Pavilion, d’une surface de 49,8 m2, a été réalisée avec 132 pièces. C’était un vrai défi de calculer cette toiture en PVC précontraint. La complexité de la forme nous imposait une précision au millimètre pour éviter toute présence de plis. Grâce à la performance du logiciel de patronage, aux découpes très précises obtenues par commandes numériques et à la qualité des soudures, nous avons obtenu les dimensions parfaites. En architecture textile, le PVC précontraint de la toiture respecte normalement un écart de 0,5 %. C’est-à-dire que la toiture doit être 0,5 % plus petite que la structure, pour qu’elle ait la bonne dimension avec la tension nécessaire. Malheureusement, avec la pression que nous voulions pour la structure, le diamètre du tube grossissait de 1 %, et nous avons dû modifier les dimensions de la toiture. À partir des dimensions finales, nous avons fait plusieurs essais de charge pour vérifier la rigidité et définir la couverture en textile précontraint. Le Peace Pavillon est comme un bijou. Son dessin très beau et très simple, d’une grande fragilité, demandait une technologie de pointe mais également un savoir-faire issu de nombreuses années d’expérience.

    Flower Pavilion

    Le Bouncing Bridge et le Peace Pavilion sont des objets d’un seul tenant. Pour leur fabrication, nous assemblons différentes pièces, mais une fois construit, c’est un élément unique – le tube gonflable – qui devient tour à tour horizontal et vertical, paroi et toiture. L’unicité et l’apparente simplicité de l’objet rendent ces projets très séduisants. Le Flower Pavillon est un projet plus architectural. Il s’inspire d’un élément naturel, une fleur, à qui il faut donner une réalité matérielle tout en voulant garder l’ambiance d’un abri végétal. Nous devions concevoir un projet stable, aisément démontable et transportable. Pour convaincre le client de sa faisabilité, nous avons décidé de réaliser un prototype. La complexité résidait d’une part dans l’assemblage des poteaux verticaux avec la toiture horizontale, chacun ayant un fonctionnement différent en termes de forces, et d’autre part dans la définition des structures métalliques encerclant les modules gonflables de la toiture. Les structures arrondies, telles que les pétales de la toiture du pavillon, demandent une grande précision, car les forces de déformation sont plus complexes. À cela, il fallait ajouter les effets de la pression de l’air lors du gonflage des pétales, d’autant plus que les conditions climatiques de Berlin nécessitent une pression assez importante. Afin de pouvoir assembler les différents pétales et prévoir l’évacuation de l’eau, nous devions minimiser les déformations. Même si la forme des pétales en elle-même est assez favorable pour travailler en compression, nous avions tout de même prévu un cerclage épais pour obtenir la plus faible déformation. Lorsque nous avons gonflé les différents pétales, les forces étaient incroyables, et nous avons dû renforcer les pièces métalliques d’union entre les encadrements car elles se déformaient de quelques millimètres de plus que prévu.

    Après différents réglages entre la pression et l’épaisseur des cadres, nous sommes parvenus à mettre au point cette toiture. Ajouté à la réussite technique, le prototype a suscité un enthousiasme immédiat. Lors des essais effectués près de notre entreprise, des enfants du village voisin, intrigués par cette fleur, nous ont rapidement rejoints. Nous avons alors profité de leur énergie pour vérifier la solidité du pavillon en les faisant rebondir sur la toiture gonflable. Un ami ingénieur, enseignant en agronomie, à l’institut la Garrotxa d’Olot, voulait quant à lui utiliser le projet pour le festival Temps de flors, qui tous les ans remplit de fleurs la ville de Gérone.

  • Les concours d’idées peuvent ouvrir les esprits
    par Kim Benjamin Stowe

    Kim Benjamin Stowe, président et directeur d'ArchTriumph Londres, démontre comment les concours d'idées sont vecteurs d'ouverture d'esprit et d'innovation en prenant l'exemple de trois projets AZC rendus dans le cadre de compétitions.

    Je vis principalement à Londres, où je travaille à des projets artistiques très variés. Je suis un fervent défenseur de l’idée que tout est possible et que nous pouvons faire bouger les choses. Ainsi, il y a quelques années, j’ai quitté le monde de la banque d’investissement pour me consacrer à ma passion pour l’art, l’architecture et le design.

    L’idée d’organiser des concours d’architecture m’est venue lors de la dernière crise financière. Il me semblait trop injuste que l’industrie culturelle paie un si lourd tribut à la récession.

    La pression était notamment très forte sur l’architecture, car cette profession dépend directement de la disponibilité des capitaux. J’étais parfaitement conscient du rôle que peuvent jouer les prix et les concours dans le monde de l’architecture.

    Par ailleurs, j’avais toujours voulu travailler à l’installation d’œuvres dans l’espace public et je voulais m’investir dans différents types de projets, grands ou petits, construits ou non, car chacun possède ses propres intérêts. Avec un ami, nous avons donc commencé à organiser différents concours d’architecture, et c’est ainsi qu’ArchTriumph est né. Depuis, nous menons cette mission avec beaucoup de passion.

    ArchTriumph – le triomphe de l’architecture et du design – est une plateforme de présentation et d’exploration architecturales, une célébration du rôle de ces disciplines dans nos vies et dans le monde qui nous entoure. C’est un espace d’expérimentation pour les architectes et les designers qui leur offre une petite récompense financière, mais surtout de potentielles grandes retombées médiatiques.

    Des projets originaux, que je préfère pour ma part définir comme des projets innovants, sont ainsi mis en lumière par le biais de concours, d’expositions ou d’installations. Ils marquent l’imaginaire du public et peuvent ainsi susciter des débats sur la pertinence d’un programme, sur l’utilisation d’un site et plus largement sur la vision et la pratique architecturales.

    Les projets d’ArchTriumph, même les propositions non réalisées, peuvent changer l’image qu’une communauté a d’elle-même. Et lorsqu’ils sont effectivement construits, ils ont un effet très positif sur la population. Le Peace Pavilion, dessiné par AZC en 2013 pour les Museum Gardens à Bethnal Green, quartier de l’East End à Londres, est un bon exemple. Les habitants du quartier et les responsables politiques ont été très fiers d’accueillir cette élégante structure qui, pour une fois, n’était pas réservée aux quartiers les plus riches de la ville.

    Des projets de ce type mettent en lumière certains lieux d’un quartier, révèlent leurs qualités, incitent les habitants à les investir différemment. Ils apportent l’architecture et le design dans des endroits où ils entrent en résonnance de manière très directe avec un public très large.

    Bouncing Bridge

    En 2012, nous avons lancé un concours d’idées pour un nouveau pont contemporain à Paris qui voulait remettre en question la notion de pont. Nous espérions susciter des idées nouvelles et surprenantes. Quand nous avons découvert le projet d’AZC, appelé Saut de Seine, il a immédiatement déclenché un sourire chez tous les membres du jury.

    Nous étions tous d’accord que, pour son audace, il faisait partie des meilleures propositions. Le projet a été classé troisième au concours, mais il a été très largement adopté par le public et la presse, qui l’ont rebaptisé le « Pont trampoline ». Nous n’attendons pas que le grand public approuve expressément les décisions des jurys, mais quand une prise de risque rencontre un tel succès, nous en sommes très heureux. C’est un projet qui, de différentes façons, nous est resté longtemps à l’esprit après la sélection du jury. Le succès du pont vient de la combinaison de l’idée et de la ville de Paris. Le mélange de l’innovation, de la romance et du divertissement était irrésistible pour le public. Un projet comme le Bouncing Bridge peut transformer l’image de Paris, en la mettant en lumière comme une ville d’ambition, de divertissement, où la prise de risque est encouragée. Je verrais d’ailleurs bien volontiers un tel projet sur un bras de la Tamise à Londres. Peut-être pourrions-nous en parler au maire !

    Peace Pavilion

    Archtriumph pavillon at bethnal green - londres -2013

    Le Peace Pavilion est la première édition du pavillon d’été d’ArchTriumph installé chaque printemps dans le parc jouxtant le musée de l’enfance de Bethnal Green, une annexe du Victoria and Albert Museum. Le concours du pavillon était anonyme, mais, en découvrant les projets, j’ai immédiatement pensé reconnaître les fun architects, comme je m’amusais à surnommer Irina Cristea et Grégoire Zündel depuis le concours du Bouncing Bridge. Le projet correspondait au programme : il était élégant, innovant, audacieux et exprimait parfaitement le thème de la paix choisi pour cette édition. Une fois la sélection effectuée par le jury, j’ai eu la confirmation qu’il s’agissait du projet d’AZC. Le jury avait cependant évoqué des craintes concernant l’entretien du pavillon, et nous avons dû également rassurer les services de santé et de sécurité de la circonscription sur le fait qu’il ne serait pas utilisé d’hélium.

    Nous avions quelques inquiétudes également sur le budget et les délais de réalisation, mais, dans notre recherche d’innovation, nous étions justement convaincus que nous devions soutenir la réalisation de ce projet. Et notre décision s’est avérée être la bonne !

    Le Peace Pavilion a transformé la pratique des jardins : il a modifié les chemins habituellement parcourus par les visiteurs et en a attiré un plus grand nombre. Il a modifié profondément l’image du parc et du quartier pour la population, qui attend maintenant chaque année avec impatience le nouveau projet. De nombreuses personnes ont d’ailleurs exprimé le souhait que le Peace Pavilion devienne une installation permanente dans les jardins. Il a été utilisé par les écoles visitant le musée comme un abri pour les pauses déjeuner, pour un exposé ou une discussion accompagnant la visite. Les enfants en ont fait un terrain de jeu, les familles y ont organisé des pique-niques, il est devenu un point de rendez-vous entre amis, il a abrité des lectures de poésies ou des concerts de musique, il a servi de décor pour des séances photos, etc. Le Peace Pavilion a suscité un très large enthousiasme.

    Battersea Power Station

    L’idée de faire de l’ancienne centrale électrique de Battersea le cadre d’un concours d’idées pour l’installation d’un musée de l’architecture nous est venue à la suite de la frustration suscitée par l’échec d’un projet de réhabilitation du bâtiment, il y a quelques années.

    Dessinée par Giles Gilbert Scott en 1930, la centrale de Battersea est une structure iconique et un point de repère pour les Londoniens, peut-être même plus que sa jumelle de Bankside, qui accueille aujourd’hui la très belle Tate Modern, remarquablement restaurée et réaménagée. J’ai toujours aimé la centrale de Battersea. Adolescent, je passais devant chaque jour, fasciné par le volume et la taille des cheminées. C’est un fantastique château urbain et toutes considérations financières mises de côté, j’en ferais volontiers ma résidence !

    L’agence AZC, lauréate du concours, a choisi le thème du parc d’attraction en installant des montagnes russes qui permettent de découvrir la centrale sous tous les angles. Définitivement, ses fondateurs méritent leur surnom de fun architects !

    Les concours d’idées peuvent ouvrir les esprits. Ils reposent sur la créativité et non sur une approche convenue, incitant tout le monde, le public, les architectes, les promoteurs et les politiques, à reconsidérer certains sites.

    Tout projet, architectural comme politique, débute toujours par une idée.

    Sans idée, il n’y a pas de point de départ à la discussion, aucun argument pour le changement.