• Exemple d’un projet social et médical
    par Margot Guislain

    Conversation autour de la réalisation de la résidence Monconseil dans la ZAC du même nom à Tours. Cet entretient à été réalisé par Margot Guislain, journaliste d’architecture, avec les personnes impliquées dans la conception et la construction de la Maison de Retraite Monconseil à Tours.

    Arlette Bosch, Adjointe au maire de Tours chargée des personnes âgées et de la solidarité, Vice-présidente du centre communal d’action sociale.

    Denis Guihomat, Directeur du centre communal d’action sociale

    Luc Mahaut, Directeur des maisons de retraite Les Trois Rivières et Monconseil

    Stéphane Roy, entreprise Plee Constructions - gros œuvre

    Stéphane Garnier, entreprise Soriba - béton architectonique

    Irina Cristea et Grégoire Zundel, AZC - Architectes

    Margot Guislain

    L’architecture répond avant tout à une commande, c’est-à-dire à un besoin concret. Soumise à l’impératif de la durabilité, elle doit être au service des usagers afin de prendre en compte leur confort et bien-être. Travailler sur des projets dans le domaine médical - hôpital psychiatrique pour enfants, maison de retraite, unité mère bébé, clinique de rééducation et soins de suite, foyer d’accueil médicalisé - demande à aborder chaque projet avec le pragmatisme nécessaire.

    Programme, site et budget, sont trois règles d’or qui imposent leur force, leurs nécessités incontournables, mais qui, à les prendre avec patience et créativité, sont l’occasion de donner au maître d’ouvrage et aux usagers du bâtiment un « je ne sais quoi » en plus qui fait tout.

    En premier lieu, s’immerger dans le programme pour en comprendre tous les rouages, puis, lui donner une valeur ajoutée en permettant d’autres usages, grâce au travail des détails. Le site dicte ses lois mais, en échange, peut être modelé, magnifié. Et le budget, combien important, qui apprivoise le projet mais qui, par des choix architecturaux radicaux, lui apporte relief et identité. Avec ces trois paramètres comme guides, il est clair plus que jamais, que le héros de l’aventure n’est pas l’architecte mais le projet lui-même.

    Pour partager cette expérience et éclairer les projets, AZC a invité différents intervenants – maître d’ouvrage, utilisateurs, entreprises à donner leur point de vue sur la réalisation d’équipements médicaux dans lesquels, ensemble, ils se sont impliqués.

    Programme

    D’où vient la décision de construire la maison de retraite Monconseil ?

    AB : Les besoins en matière d’accueil des personnes âgées dépendantes et des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer étaient criants. D’où la décision de notre conseil d’administration de se lancer immédiatement dans l’aventure d’une quatrième maison de retraite répondant à ces deux attentes, nous avons décidé de conserver la maîtrise d’ouvrage pour la construction de ce quatrième établissement. Dès le départ, nous avons voulu que cette maison de retraite soit exemplaire. Nous avons mis en place des groupes de travail comportant des administrateurs et des membres du personnel du CCAS : infirmiers, aides-soignants, agents sociaux, cuisiniers, psychologues, ambulanciers… Chaque membre du personnel a fait savoir ce qu’il souhaitait : nous voulions comprendre à quoi pouvait ressembler une « maison de retraite idéale ». Nous avons réussi à introduire des éléments de programme originaux tout en rentrant dans l’enveloppe budgétaire que nous nous étions fixée pour que des personnes à revenus modestes puissent séjourner à Monconseil.

    Quel est le grand défi relevé par cette réalisation ?

    AB : Il ne s’agit pas d’un établissement réalisé par un gros groupe et remis clés en main, mais d’une structure qui a demandé à tous les acteurs du projet un investissement personnel, fait d’humilité devant les enjeux, d’une saine curiosité en matière d’innovation mais aussi d’une grande détermination devant des exigences administratives et le suivi des engagements financiers. Cette maison de retraite, on peut dire que c’est le personnel qui l’a faite. Qu’il en soit remercié. Les architectes font une œuvre d’art et nous, nous voulons faire en sorte qu’elle soit habitée. Je constate à présent que, sur le plan de l’architecture et sur celui des usagers, elle fait référence. Tout le monde parle de la « belle maison de retraite Monconseil ».

    Vous avez pourtant dû faire des concessions ?

    DG : En effet, quand nous avons défini notre programme, le terrain n’était pas encore choisi, et nous avons alors travaillé par rapport à ce que nous pensions être notre maison de retraite idéale. Nous voulions un bâtiment à R+1, avec tous les espaces collectifs à rez-de-chaussée et tous les espaces d’hébergement sur un seul étage puisque, comme je l’ai dit précédemment, les équipes travaillent beaucoup plus facilement de manière horizontale que verticale.*

    DG : Le projet a pu bénéficier des expériences précédentes et les erreurs n’ont pas été reproduites. Par exemple, le bâtiment ne comporte que deux étages, et non cinq comme cela est le cas pour une autre de nos maisons de retraite. En effet, un nombre trop élevé de niveaux pose des problèmes d’exploitation car le personnel ne peut se permettre, pour la sécurité des résidents, de quitter momentanément un étage. Monconseil est à ce jour notre maison de retraite la plus réussie.

    Qu’attendez-vous d’un architecte pour la réalisation d’une maison de retraite ?

    LM : L’adéquation entre l’architecture du bâtiment et les besoins liés à la prise en charge des résidents : où les fait-on dormir ? En étage, au rez-de-chaussée ? Sur combien de niveaux ? Comment localiser les chambres en fonction des pathologies ? Où placer les locaux du personnel pour qu’il puisse travailler avec calme et efficacité ?

    L’architecte doit d’abord être en mesure de répondre à ce type de questionnement, l’esthétique vient en second plan. Car c’est au bâtiment qu’il appartient de s’adapter aux usagers et non l’inverse. Si les organismes de réglementation engageaient une réflexion avec les utilisateurs et les architectes, on pourrait faire évoluer les standards en termes de surface de chambres, adapter les normes d’accessibilité aux personnes handicapées en fonction du contexte, puisque dans ce domaine, soit-on en fait trop, soit pas assez.

    L’architecte doit donc user de son talent pour intégrer tout un arsenal de matériels médicaux de la manière la plus rationnelle qui soit, sans pour autant produire une ambiance d’hôpital. Par exemple, les extracteurs à oxygène doivent être facilement accessibles, mais ne pas traîner dans les couloirs. À Monconseil, les architectes ont réussi à leur trouver cette place.

    Site

    Cette maison de retraite est l’un des premiers bâtiments sortis de terre dans la ZAC Monconseil, nouvel écoquartier en plein chantier situé au nord de Tours. Quelles ont été les influences de la réglementation urbaine sur la conception du projet ?

    AZC : Notre première esquisse en phase concours proposait une construction basse, d’un seul étage, étalée sur le terrain, trouée de patios et protégée de l’agitation urbaine. Le cahier des charges du maître d’ouvrage – le centre communal d’action sociale – tendait vers ce type d’architecture. On pouvait y lire la « maison idéale » qu’ils avaient imaginée au cours d’une longue phase de consultation de l’ensemble du personnel.

    A contrario, les règlements d’urbanisme, édictés par la ZAC, préconisaient un équipement tourné vers la ville, aussi haut que possible et en parfait alignement sur la rue. En réalité, les deux documents avaient été élaborés indépendamment, et nous nous sommes donc retrouvés face à deux demandes divergentes, quasiment contradictoires.

    Comment avez-vous résolu cette contradiction ?

    AZC : Avec l’esquisse finale, il était clair que nous avions renoncé à « la petite maison sur la prairie », difficilement réalisable compte tenu des contraintes d’urbanisme, mais aussi en termes d’économie budgétaire : tout concourait donc à nous orienter vers la figure de la « barre ». Selon la réglementation urbaine, nous avons ainsi aligné le bâtiment sur la rue, placé le jardin entièrement à l’arrière, et avons rassemblé les chambres sur deux étages au-dessus du rez-de-chaussée. Le bâtiment est alors devenu compact. Mais en architecture, le souvenir de la première esquisse ne s’efface jamais tout à fait. Les premiers désirs résistent et se glissent dans le nouveau projet, aussi contraint soit-il. Ainsi, la petite maison originelle a pu prendre forme avec l’unité Alzheimer, un petit corps de bâtiment de forme carrée, entièrement à rez-de-chaussée et organisé autour d’un patio planté. Au travers d’une grande baie vitrée, une transparence est créée qui relie visuellement le jardin intérieur de cette unité avec celui, principal, de la maison de retraite, celui-ci prenant alors le statut d’un grand patio.

    Comme nous sommes sortis lauréats du concours devant un jury composé de membres du CCAS, d’élus et de l’architecte en chef de la ZAC, il est probable que notre projet final a réussi à faire le consensus, c’est-à-dire à concilier les idéaux du CCAS et les réalités de la ZAC Monconseil.

    Barre plus béton : l’association peut faire peur. Comment le choix du béton s’est-il imposé ?

    Un bâtiment tout en bois aurait causé des problèmes de confort d’été au niveau de la température ambiante, et il s’agit là d’une donnée particulièrement importante pour une maison de retraite. Non seulement le béton présente l’avantage de posséder une bonne inertie thermique, mais il est également moins cher et plus écologique que le bois puisque, en Europe, les cimenteries ne sont jamais bien loin d’un chantier. De plus, à Tours, il existe une vraie tradition du béton : les entreprises ont donc un réel savoir-faire dont il serait dommage de ne pas profiter.

    Et puis, une belle opportunité de travailler le béton de manière très particulière s’est présentée au cours des études : le CCAS est venu nous faire la demande d’une fresque qui animerait la façade en évoquant la vie des résidents. À raison, il leur semblait nécessaire que la maison de retraite ne soit pas anonyme, mais affiche son identité dans ce nouveau quartier de Tours. Nous avons saisi leur demande, mais plutôt qu’un décor peint, nous leur avons proposé de jouer avec la matière même du béton de façon à faire apparaître, au moyen d’un sablage, des motifs de tapisserie sur toutes les façades. Il s’agit là d’une référence directe à l’histoire de Tours qui, en tant qu’ancienne cité de la soierie, approvisionnait le royaume de France en étoffes de toutes sortes. Avec une telle finition, le béton, même brut, devient ici velours.

    Avec le recul, comment voyez-vous aujourd’hui cette réalisation ?

    Le concours a été gagné en 2006 : aujourd’hui, nous aurions davantage tenu sur notre conviction de devoir fragmenter le bâtiment en plusieurs plots. Mais en contrepartie, la linéarité de la barre, plus économique, a permis de mettre en œuvre les matériaux de manière plus noble : les façades de béton ont une finition très particulière grâce à cet effet de tapisserie, les fenêtres sont en aluminium, les faux plafonds sont en métal perforé et non en fibre et le mobilier a été choisi sur mesure. Mais ce qui est le plus important dans ce bâtiment c’est l’absence de surenchère : on n’y trouve pas de luminaires extraordinaires mais des espaces intérieurs généreux et partout baignés de lumière naturelle. En effet, les dimensions des fenêtres sont telles que la surface vitrée totale du bâtiment équivaut quasiment au double du minimum requis par la réglementation. Et c’est beaucoup…

    Architecture et technique

    Pensez-vous que l’architecture ait ici rempli sa mission ?

    LM : Les architectes ont su créer des petites unités de vie conviviales avec un espace commun au centre de chaque étage et des salons plus petits, de la taille d’une chambre, ouverts sur la circulation, qui permettent de se retrouver tranquillement à quelques-uns. Avec une telle gradation du collectif au privé, l’intimité des chambres est préservée sans pour autant sacrifier la rencontre. Pour ceux qui ont besoin d’être rassurés par la présence du personnel, il est même possible de garder la porte de la chambre ouverte sans souffrir du bruit. Cette possibilité de s’isoler au sein d’une vie communautaire est importante pour des résidents qui, bien souvent, passent soudainement de l’univers privé de leur logement à celui, collectif, de la maison de retraite. Chacun a besoin d’avoir à la fois un espace de vie sociale et un endroit où se retrouver soi-même.

    La conception de l’unité pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, avec des chambres à rez-de-chaussée et un patio intérieur où elles peuvent se promener en sécurité, participe aussi d’une bonne réflexion architecturale.

    Quelles furent les premières impressions du personnel et des résidents à leur arrivée dans les lieux ?

    LM : Les couloirs nous sont apparus immenses et, au début, le personnel voulait même des patins à roulettes ! Mais finalement tout le monde a été satisfait de l’organisation, très rationnelle, des étages. Le gris clair des circulations et des espaces collectifs a également suscité des craintes : le personnel a eu le sentiment de se trouver dans un univers hospitalier ! Mais il a compris ce choix lorsqu’est arrivé le mobilier coloré. Cela a tout équilibré et fait disparaître cette impression première ! De même, les différences de couleurs sur les portes et le petit vestibule d’entrée de chaque chambre donnent des repères aux résidents. Cependant il y a un bémol à mettre sur le rouge – jugé trop violent par beaucoup – de certaines chambres, qui ont donc eu du mal à trouver preneur. Et un bémol aussi sur la teinte trop claire du béton dans le jardin, qui provoque des éblouissements.

    Le béton n’a pas toujours une bonne image aux yeux des usagers. Qu’en est-il ici ?

    DG : Grâce aux motifs qui parcourent les façades et rappellent l’histoire de Tours et de ses anciennes soieries, il ne s’agit plus de simples murs de béton. L’effet de tapisserie produit est la « marque » architecturale de l’établissement. Il est important pour les pensionnaires et leurs familles d’avoir un beau bâtiment dans lequel ils peuvent se reconnaître. Il n’est ni triste, ni vieillot et ne fait pas fragile : il est solide et contemporain.

    Pendant la mise au point du projet, sur quels points avez-vous dû recadrer la conception architecturale ?

    DG : Le seul flottement qu’il y ait eu concerne le choix des couleurs opéré par les architectes. Il nous a fallu trouver un accord en atténuant celles trop marquées, et en réduisant les surfaces peintes dans les chambres. Mais au résultat, elles continuent à faire polémique : il y a ceux qui n’aiment pas le rouge, trop violent, d’autres le vert… Parfois, les chambres sont difficiles à attribuer. En revanche, dans les circulations, les couleurs du mobilier sont gaies et passent très bien.

    Qu’une entreprise de gros œuvre réalise des motifs de tapisserie est plutôt inattendu. Comment avez-vous répondu à cette commande ?

    SR : Pour ce type d’ouvrage, nous travaillons en collaboration avec Soriba, une entreprise très pointue dans la réalisation de bétons à finitions particulières : texture, relief, motifs… Ce qui a été le cas à la maison de retraite Monconseil où les façades en béton sont parcourues d’un motif végétal de quatre mètres sur quatre qui se répète pour former une immense tapisserie, évocation de l’histoire de Tours et de ses anciennes soieries. Notre bureau d’études techniques – Haller – a d’abord dessiné tous les panneaux de béton en fonction de leur emplacement sur les façades, de la dimension des fenêtres, des plans de ferraillage, particuliers pour chacun d’eux étant donné que ces panneaux ne sont pas posés en parement mais constituent la structure porteuse même du bâtiment.

    Ces études préliminaires ont abouti à un plan de calepinage des façades à partir duquel Soriba a pu réaliser, un à un et très méticuleusement, une centaine de panneaux dont aucun n’est tout à fait semblable à l’autre. Grâce à cette haute précision, l’entreprise de gros œuvre Plee Constructions a monté les façades en assemblant les panneaux au centimètre près pour assurer la continuité de la tapisserie sur tous les côtés du bâtiment. Imaginez : une seule erreur sur l’étude et la préfabrication d’un panneau et ce sont tous les autres qu’il aurait fallu refabriquer !

    SG : Nous avons d’abord pensé reproduire le motif végétal de la tapisserie avec la technique du béton matricé. Mais nous avons proposé celle du pochoir, à partir d’une plaque en acier inoxydable sur laquelle le motif est reproduit par des découpes au laser.

    En premier, on vient poser le pochoir en acier sur le panneau suivant le calepinage réalisé en bureau d’études. Dans un deuxième temps, nous attaquons le béton par projection de sable, d’air et d’eau avec une machine (procédé appelé hydro sablage), comme si on passait le panneau au Kärcher. De cette façon, dans les creux du pochoir, les composants les plus fins et les plus clairs du ciment se détachent de la surface du béton, laissant apparaître les granulats les plus épais et les plus foncés. Ce qui a pour résultat de donner une teinte plus sombre au motif reproduit sur le béton.

    C’est donc par contraste entre béton clair et béton foncé que le motif est dessiné. Mais son dessin complet chevauchant plusieurs panneaux, il a fallu positionner le pochoir à chaque fois différemment pour le reproduire dans son intégralité. Cela a nécessité une longue et minutieuse préparation que nous avons effectuée au moyen d’un logiciel adapté.

    Quelle satisfaction tirez-vous d’une réalisation aussi originale ?

    SR : Sur la plupart des bâtiments que nous réalisons, notre travail n’est plus visible une fois le chantier terminé, puisque la maçonnerie est généralement recouverte d’un parement ou d’un enduit. Par contre, à la maison de retraite Monconseil, le béton est toujours là, faisant voir une mise en œuvre complexe, avec une finition très originale. Quand nous passons devant le bâtiment, nous tournons la tête vers le bâtiment, contents d’avoir participé à sa construction.

    SG : L’exigence des architectes était très grande et s’est accordée avec nos impératifs techniques. La préfabrication des panneaux en atelier a permis de travailler vite, proprement, à l’abri de la poussière et des aléas du chantier. De plus, grâce à l’utilisation de silicone, les joints entre les panneaux sont très atténués, et ce que l’on voit en premier, c’est donc bien une façade tapissée.

    Budget

    Pourquoi avoir choisi le projet de l’agence Zündel et Cristea?

    DG : C’était le projet qui nous paraissait le plus proche de notre maison idéale. Nous voulions en effet des couloirs spacieux et agréables qui soient des promenades intérieures. Car il faut tenir compte du fait que la plupart des personnes âgées sortent très peu à l’extérieur en raison de problèmes de mobilité et qu’en été elles souffrent de la chaleur. Les résidents doivent donc avoir envie de se promener à l’intérieur du bâtiment, ce qui est le cas à Monconseil grâce aux petits salons qui ponctuent les circulations, à l’abondance de lumière naturelle, aux vues sur l’extérieur…

    Autre critère important : les coûts d’exploitation réalistes dans le projet de Zündel et Cristea. D’autres projets ont été écartés uniquement parce qu’ils ne les prenaient pas suffisamment en compte. Par exemple, les murs végétalisés : c’est beau mais ce n’est pas pour nous, nous n’avons pas les moyens de les entretenir. Il faut se rendre compte qu’il s’agit d’abord d’une maison de retraite médicalisée qui dépend de l’aide sociale.

    Qu’est-ce qui vous a fait penser que les coûts de fonctionnement seraient acceptables dans le projet retenu ?

    DG : Sa sobriété architecturale qui n’empêchait pas la dimension esthétique : les façades, même si elles sont très originales, ne nécessitent pas plus d’entretien que les ravalements habituels, très espacés dans le temps. Nous avons également vu que pour nettoyer les vitrages il n’y aurait pas besoin d’utiliser une nacelle ou de faire appel à un alpiniste, comme c’est le cas pour un autre de nos établissements, en raison de ses façades entièrement vitrées dont les fenêtres ne s’ouvrent pas.

    Il s’agit de tout un ensemble de détails comme ceux-là, que l’on ne perçoit pas forcément lors du concours, et qui font flamber les coûts d’entretien. Mais quand on a été échaudé, on fait attention. En ce sens, ce projet a pu bénéficier de la réalisation de nos trois précédentes maisons de retraite. Dans ce type d’établissement, nous préférons en effet mettre les moyens au service des résidents plutôt que de passer notre temps à repeindre les murs et à tondre les pelouses…